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Un élevage bovin décarboné

Publié le 26 septembre 2020 par Eric Baumgartner
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Certains éleveurs Québécois redoublent d'effort pour limiter l'impact de leur activité sur l'environnement. Et ils obtiennent d'excellents résultats...

On peut dire que ces temps-ci, l’accord de libre échange entre l’Europe et le Canada (le CETA) alimente de nombreux articles de presse, de nombreuses discussions, de nombreux débats… Et force est de constater qu’informations et désinformations se télescopent, aussi bien chez les pro-CETA que chez les opposants. Dans ce contexte, on a trouvé qu’il était peut-être pertinent de rappeler que non, les hormones, les antibiotiques, les pesticides, ne sont pas la base de l’agriculture Canadienne. Et oui, une majorité d’agriculteurs Canadiens travaille dans le respect de son terroir, de ses bêtes, de son environnement. 

Il n’est plus un secret pour personne que l’élevage de bovins pour la production de viande est une des activités agricoles la plus dégradante pour l’environnement. Face à ce constat, certains éleveurs ont décidé de changer leurs pratiques et de transformer leurs élevages pour produire une viande écologique et se diriger vers une production décarbonnée. 

La ferme Patch à Knowlton au Québec, a par exemple mis en place plusieurs mesures :

  • Les bœufs sont élevés en extérieur toute l’année
  • Ils ne mangent aucun grains
  • L’hiver ils sont nourris au foin produit sur l’exploitation
  • L’été, ils sont aux pâturages, en rotation
  • Pas d’hormones, pas de pesticides, pas d’antibiotiques

vache

L’idée est d’imiter la nature. Les pratiques qu’on utilise permettent aux animaux d’exprimer leur comportement naturel. Ils ont donc une vie saine, mais ils contribuent aussi à la santé des terres et à la biodiversité.

Megan Patch, ferme Patch à Knowlton

Le pâturage en rotation est essentiel. Les bêtes vont changer de place trois fois par jour selon des règles établies qui permettent aux plantes de se renouveler plus fréquemment et plus rapidement. Elles ne mangent que le premier tiers des plantes. Cela aide à éliminer le CO2 produit par les bêtes en plus de préserver la santé des terres et la biodiversité. Ils ont également mesuré avec l’aide de scientifiques, qu’il était intéressant de planter des arbres sur les pâturages pour accélérer et augmenter l’absorption du CO2. Des spécialistes étudient actuellement quelle variété d’arbre planter pour encore optimiser cette compensation du carbone émis par les bêtes.

Pour compléter leur démarche et limiter le transport, ils ont choisi un abattoir proche de leur exploitation et ils favorisent la vente directe.

A savoir également qu’aux Etats-Unis, l’état du Montana a mis en place une incitation financière pour aider les éleveurs à instaurer le pâturage en rotation…